Problématiques mathématiques ch. 2

Chapitre Deux


( J'ai réussi à me cacher dans les bosquets du jardin de l'hôpital. Il faut absolument que je vous raconte tout ce que j'ai subi)

Donc, une fois que j'ai enfilé la combinaison chiffrée – que je porte encore à l'heure où je vous parle – l'on m'a conduite à travers un long corridor aux plafonds ornés de fresques et de paraboles, ou d'hyperboles peut–être... enfin quelque lieu étrange : je ne pensais pas qu'il pouvait exister de tels endroits en service hospitalier : voilà ce qu'il me semble être la preuve par neuf du gaspillage énorme du budget de la santé publique !

Et puis ils m'ont fait entrer dans une chambre forte, et froide, en m'intimant l'ordre de m'assoir avant de recommencer à m'infliger leurs questions sans queue ni tête :
    – Que faisiez–vous avec ces gens que vous ne connaissiez pas ? Pourquoi vouliez–vous compter et peser ces billes qui ne vous appartenaient pas, sur le forum d'un site de littérature?
Moi
    – Mais il s'agissait de faire valoir la beauté des mathématiques !
Eux
    – Parce que vous trouvez cela esthétique, vous, de compter des billes sur un site de littérature ? Vous trouvez cela équitable, en prime?
Moi
    – C'est justement ce que je cherchais à savoir lorsque j'ai mis ma main dans le sac...

Eux
    – Dites–nous la vérité, toute la vérité, rien que la vérité : qui sont ces gens ? Et à qui sont ces serpents ?

Alors là, vous comprenez, je me suis mise en colère . Non ? Vraiment !

    – MAIS PUISQUE JE VOUS DIS QU'IL S'AGIT DES SERPENTS DE NICOLE VILLOTEAU !!!

Eux, à l'infirmier
    – Allez lui chercher ses sacs de billes pour qu'elle nous démontre son raisonnement et justifie sa réponse par A plus B.

Pendant que l'infirmier s'éclipsait, deux malabars m'ont attrapée pour me bâillonner, tandis qu'un troisième me faisait une injection dans la jugulaire. LES SAUVAGES !!!
S'en prendre à une poétesse, une amoureuse de l'esthétique, une passionnée du verbe, qui se donne sans calcul à la littérature, une...

Alors ils m'ont transportée dans une charrette, crâne tondu et mains liée dans le dos, pour la séance de flagellation*:
« Je ne souffrirai pas qu'il se forme dans mon royaume une association qui ferait dégénérer en une confédération de résistance le lien naturel des mêmes devoirs et des obligations communes, ni qu'il s'introduise dans la monarchie un corps imaginaire qui n'en pourrait que troubler l'harmonie. (...)»*

moi

  – heiiiiiiiiiiiiin, quoi ? Mais je ne suis pas un corps imaginaire, Monsieur...
Eux
    – Sachez que vous vous adressez à Sa Majesté Louis le Quinzième
moi
    – Mais c'est impossible, je cherche la solution d'un problème de mathématiques
"Nous avons 10 sacs de billes contenant chacun AU MOINS (donc possiblement plus) 10 000 billes.
Certains sacs ne contiennent que des billes de 11g.
Les autres sacs ne contiennent que des billes de 10g.
Nous disposons d'un balance électronique (affichage digital) et d'une seule pesée.

Comment faire pour savoir dans quel(s) sac(s) sont les billes de 11g ?"
j'en étais donc.. euh... ici :
si : il y a par exemple cinquante pour cent de chances de trouver des billes de 11g, cela signifie 10000 fois dix que je divise par deux, cela fait cinquante mille de 11 et cinquante mille de dix, je prends de cette hypothèse puisque la proportionnalité des sacs n'est pas établie et que mon imAginaire me dicte cette hypothèse–là, à moi la littéraire ?
que dois–je prendre pour piocher dans les sacs ... voyons, une pelle, peut–être. Car si j'y mets la main et que ce sont les serpents de Nicole Villoteau qui s'y trouvent, je serai mordue ...

(Attention, quelqu'un arrive, je me cache)

... ... ...

 – Mais non,... arrêtez,... laissez–moi,... j'émets juste des hypothèses !

 

 

(à suivre si et seulement si)


*petite note, mais pas sur vingt : trois mars mil sept cent soixante six : séance du parlement de Paris, dite de la «flagellation», où Louis XV réaffirme les principes de la monarchie absolue.

 

 

 

Sissi, la vraie